Élections municipales : 6 associations lyonnaises s’unissent pour appeler à voter contre le parti de Jean-Michel Aulas, Coeur Lyonnais

Visuel utilisé dans le cadre de la campagne contre Coeur Lyonnais menée par nos 6 associations
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À l’approche des élections municipales, nous, Victoires Populaires Rhône, Nous Toutes Rhône, Locataires Ensemble Lyon, Indignons-nous Lyon, XR Lyon et Action Justice Climat Lyon, associations et collectifs lyonnais écologistes, féministes et engagés pour la justice sociale, tirons la sonnette d’alarme sur le désastre que pourrait représenter une victoire de Jean-Michel Aulas à ces élections. Nos associations sont toutes apartisanes mais non apolitiques c’est pourquoi, face aux multiples menaces que représente Cœur Lyonnais pour les habitants et habitantes de Lyon et de la Métropole, pour notre environnement ainsi que pour les libertés des associations, nous avons tenu à nous mobiliser et dénoncer collectivement la candidature de Jean-Michel Aulas à la mairie de Lyon.

Un candidat multimillionnaire qui utilisera sa position pour servir ses intérêts et ceux des plus aisés ­   ­  

La victoire de Cœur Lyonnais ferait basculer Lyon dans une oligarchie locale, où un seul homme détient des pouvoirs politiques pouvant servir ses propres intérêts économiques.

Jean-Michel Aulas est avant tout un candidat multimillionnaire qui place son argent dans des paradis fiscaux, propriétaire de plusieurs sociétés dans la région lyonnaise et qui instrumentalise sa notoriété d’ancien président de l’Olympique Lyonnais pour faire campagne.

Ses interviews récentes ont montré qu’il était déconnecté du quotidien des Lyonnais et des Lyonnaises, comme lorsqu’il a affirmé sur France Inter qu’un abonnement TCL coûtait “500 euros par mois… euh non pardon 50 euros par mois”. En réalité, l’abonnement s’élève à 74 euros mensuels et plus de 90% des personnes paient moins de 37,50€ par mois.

Certains de ses projets interrogent sur le risque d’instrumentalisation de sa position de maire à des fins d’enrichissement personnel. Il propose notamment la construction d’un métro E qui desservirait le Groupama Stadium (rappelons qu’il est président d’honneur de l’OL Groupe et vice-président de la Fondation Française de football) et la LDLC Arena, dont sa famille est propriétaire… Pour quelqu’un qui est anti-travaux, en voilà un gros chantier !

En parallèle, Jean-Michel Aulas priorise l’intérêt de quelques-uns, faisant partie de “l’élite financière” au détriment de la grande majorité des Lyonnais et Lyonnaises, à commencer par les plus précaires. Alors que deux tiers des lyonnais sont aujourd'hui locataires de leur logement, Jean-Michel Aulas fait de la suppression de l’encadrement des loyers une de ses mesures phares : un studio de 20 m² à Croix-Rousse, dont le loyer serait actuellement de 475 euros mensuel, pourrait ainsi passer à 620 euros par mois si cette mesure était appliquée. Une mesure servant là encore les propres intérêts de la tête de liste de Cœur Lyonnais, propriétaire de sept sociétés immobilières et de vingt immeubles sur Lyon.

Un candidat qui ne protègera ni les minorités de genre ni les personnes LGBTQIA+ et qui instrumentalise la question des droits des femmes

La question des droits des femmes est complètement instrumentalisée. Alors que le candidat prétend vouloir “faire de Lyon la métropole la plus woman-friendly de France d’ici 2030”, pas une mesure concrète n’a été proposée. Il dit vouloir créer un centre d’hébergement d’urgence pour les femmes victimes de violence, mais n’évoque à aucun moment le financement des associations qui gèrent ces hébergements et prennent en charge les victimes. Enfin, l’absence de déclaration du candidat sur la situation des 640 femmes et enfants à la rue et sa volonté affirmée de “mettre fin aux situations d’immigration illégale” nous font craindre des politiques racistes et un traitement déshumanisant des femmes et enfants en situation irrégulière sans solution d’hébergement.

Enfin, Jean-Michel Aulas a refusé de prendre ses distances avec un de ses soutiens (conjoint de la tête de Coeur Lyonnais dans le 1er arrondissement) après qu’il ait accusé Anaïs Belouassa-Cherifi, candidate LFI aux élections municipales, de “faire campagne sur son physique plutôt que sur ses idées” et déclaré : “Moi je suis masculiniste !”. On peut donc compter sur les aulassiens pour perpétuer la misogynie en politique !

Lorsqu’il était président de l’OL, Jean-Michel Aulas n’a jamais pris de mesure contre les chants homophobes qui étaient scandés dans son stade et s’est même opposé à l’interruption de matchs en cas de chants ou banderoles homophobes, estimant que c’était “un peu trop contraignant pour l’organisation du football”. Par ailleurs, dans le cadre de sa campagne, pas un mot ni pour les personnes LGBTQIA+, ni pour les minorités de genre.

Un candidat qui diffuse des fake news et ne se soucie pas d’écologie

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le candidat qui prétend avoir “Lyon au coeur” n’a pas les chiffres en tête. Jean-Michel Aulas est le roi de la désinformation en ce qui concerne les sujets environnementaux (et pas que). Selon Lyonpipeau.fr, site de décryptage de la campagne municipale à Lyon, Jean-Michel Aulas a diffusé pas moins de 22 fake news et propos trompeurs depuis le début de la campagne, notamment sur des sujets environnementaux. Ainsi, il a affirmé que : “Les données, celles des organismes de mesure agréés, montrent que la pollution n’a pas reculé”. Or selon l’ATMO, l’Observatoire de la qualité de l’air, les taux de dioxyde d’azote ont diminué de 27% dans les grandes agglomérations de la région Auvergne-Rhône-Alpes ces dernières années. Alors, de quels organismes “agréés” Jean-Michel Aulas parle-t-il ? Peut-être de sa société Holnest, qui fournit (illégalement) des sondages à sa demande ?

De même, ce candidat pro-voiture a affirmé que : “les pistes cyclables, ce n’est pas de l’écologie” et qu’il n’y a rien de plus “environnement durable” (on imagine qu’il voulait dire “développement durable”) qu’un méga-tunnel qui passe sous Lyon. Or l’impact carbone de la construction d’une piste cyclable est compensé en 1 mois à 3 ans et demi, contrairement à celui de la construction d’un méga tunnel, qui attire de nouvelles voitures, de nouveaux camions et, de ce fait, engendre plus de pollution. On peut rappeler que ce méga tunnel ne serait pas porté par la Ville de Lyon mais bien par la Métropole, qu’il a l’air de prendre pour acquise.


Enfin, il est important de souligner que ce projet de “méga tunnel” relève encore d’une des propositions irréalisables du candidat macroniste : en effet, un tel chantier coûterait 4 milliards d’euros or le budget de la métropole en 2026 s’élève à 3,9 milliards d’euros. Au total, et sans compter le tunnel, l’ensemble des propositions de Jean-Michel Aulas représentent 110 millions d’euros de dépenses supplémentaires sur le budget de la ville de Lyon, ce qui impliquerait de nombreuses coupes dans les politiques sociales. Nous refusons que ces politiques soient sacrifiées au profit de mesures démagogiques qui ne profiteront qu’à une partie de la population.

Un candidat mettant à mal les libertés associatives et le dialogue entre le pouvoir public et les citoyens

En parallèle, Cœur Lyonnais avant même d’être au pouvoir a déjà lancé plusieurs attaques de désinformation contre des associations, laissant entrevoir des risques pour la liberté et l’exercice des droits des associations. Le 7 février, Cœur Lyonnais a accusé Action Justice Climat Lyon (anciennement Alternatiba Rhône) dans un communiqué de presse d'utiliser illégalement de fonds publics à des fins électorales. Ces attaques envers les acteurs en faveur de la justice sociale et écologique représentent également une menace vis-à-vis des discussions entre le pouvoir public et les citoyens. Si la liberté de nos associations portant la voix de nombreux·ses citoyen·nes, parfois précaires, est entravée, comment assurer un dialogue démocratique ?


C'est notamment la lutte contre les logements indignes et pour le respect du droit au logement qui se verra fortement amputé d'outils d'actions et d'espaces de discussion. ­    

Nous appelons à faire front contre le candidat Aulas

L’impact de l’élection de Jean-Michel Aulas à la tête de notre ville serait délétère. Affaiblissement des politiques sociales, abandon de la culture, mépris pour les populations les plus fragiles, voilà ce qui attend les Lyonnais et Lyonnaises si nous l’élisons.

Lyon, capitale de la Résistance, ne peut porter à l’hôtel de ville un candidat qui reprend les idées de l’extrême-droite, sert les mains de groupuscules d’hooligans fascistes tels que la Mezza Lyon et fait la chasse aux immigrés.

Nous voulons d’un.e maire qui :

- privilégie la solidarité sur le profit,

- se met au service des plus fragiles plutôt que des puissants,

- choisit l’écologie, plutôt que la démagogie.

Pour toutes ces raisons, nous appelons à voter CONTRE Jean-Michel Aulas aux élections municipales des 15 et 22 mars 2026.

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